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Edito
8/01/2012

Je vous souhaite une bonne année 2012. Qu’elle soit porteuse de paix et bien-être. Le début de l’année est un moment propice pour se poser quelques questions et remettre certaines choses à plat. Nous avons en commun une pratique martiale, certainement le karaté. Ce qui nous a amené à cette pratique et ce qui nous y maintien est le « désir ». Ce désir de pratiquer est le moteur de notre motivation. Bien sûr, l’intensité de ce désir fluctue. Il connaît des hauts et des bas, mais sans lui, plus de pratique. Ce désir mérite donc d’être entretenu et alimenté. Normalement, la pratique elle-même doit aiguiser ce désir. Il y a cependant beaucoup d’autres moyens comme la lecture, les vidéos, l’échange avec d’autres passionnés, les stages, les forums, l’appartenance à un groupe, etc.
Ce qui donne corps au désir, ce qui va lui permettre aussi de durer, c’est le sens que l’on donne à sa pratique. Bien que nous soyons nombreux à nous adonner au karaté, le sens que nous donnons à notre pratique peut être très différent d’un individu à l’autre. D’ailleurs, chez le même individu, ce sens peut changer, évoluer aussi. Le karaté n’est pas une finalité en soi, comme je l’ai déjà répété à de nombreuses reprises dans cette chronique, le karaté n’est qu’un outil.
A mon avis, cet outil doit permettre à chacun d’accéder à une forme de liberté, à une autonomie. Il ne doit pas être un carcan, un enfermement, mais plutôt une aide, un support. Il ne doit pas être rigide mais malléable, souple, pour s’adapter aux exigences de chacun. Il ne doit pas être austère, sévère, intransigeant, mais souriant et tolérant. Il doit permettre de jouer, de trouver du plaisir tout en avançant dans sa quête. Les animaux les plus féroces, comme les lions, apprennent à devenir de redoutables prédateurs en jouant. Le jeu est l’une des meilleures façons d’apprendre, c’est pourquoi les enfants jouent. En abordant le karaté sous un angle ludique, on renoue avec l’enfant qui est en nous et la pratique continue à être attractive tout au long de la vie. Je ne pense pas que la pratique puisse être épanouissante si elle devient une ascèse. Comme je le disais plus haut, la pratique doit susciter et alimenter le désir de s’entraîner.
Il y a donc quelques questions importantes à se poser. Ai-je un réel désir de pratiquer ? Que suis-je prêt à faire, ou à sacrifier, pour satisfaire ce désir, pour atteindre mes objectifs ? Pourquoi vais-je m’entraîner ? Quel sens je donne à ma pratique ? Quels sont mes objectifs ?
Les réponses que vous allez apporter à ces questions formeront le socle de votre pratique. Sans ce socle, votre karaté se construit sur du sable. Une base instable qui s’effondrera un jour ou l’autre. Ce socle n’est pas seulement un plateau sur lequel s’appuie votre engagement. Il comporte un vecteur qui va aussi orienter votre pratique et votre recherche. Ce vecteur va être fondateur de l’originalité de votre pratique. Il ne peut y avoir deux pratiquants de karaté identiques.
Je vous propose donc en ce début d’année de faire un grand ménage à l’intérieur de vous-même et de clarifier votre identité de pratiquant d’arts martiaux. Si vous savez qui vous êtes, si savez ce que vous voulez faire, alors aucun obstacle ne vous empêchera d’arriver au sommet de votre quête.
Bonne année 2012.
Areski
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