
Les expériences nous transforment, nous modèlent. Qu’elles soient perçues positives ou négatives chaque moment de notre vie nous façonne en fonction du regard qu’on y porte et des enseignements que l’on en tire.
Ce que nous sommes en train de vivre avec le COVID-19 est peut être un accélérateur de prise de conscience et de modification de nos habitudes. L’événement est exceptionnel, c’est une vague de chaos pour certains, puisque des vies ont été emportées, des emplois perdus, des entrepreneurs ruinés. A ce désastre extérieur font bien sûr écho des séismes intérieurs, moins visibles mais tout aussi dramatiques.
Pour nous tous pratiquants d’arts martiaux, le confinement fut une rupture sans précédent avec nos lieux d’entraînement, nos professeurs, nos camarades d’entraînements, nos amis. Nous nous sommes éloignés les uns des autres et peut-être aussi de notre pratique martiale. Aujourd’hui encore, dans beaucoup de régions les salles d’entraînement n’ont pas ré-ouvert. Même si certains reprennent malgré tout l’entraînement en extérieur, la pratique est tronquée de son élément fondamental, le travail avec partenaires.
Qu’est devenue votre pratique durant le confinement ? Pas toujours facile de s’entraîner, même si on en a la volonté, quand la place manque, que l’on est les uns sur les autres dans un appartement. Comment avez-vous alors nourri votre passion pour la pratique ? Vous êtes-vous tournés vers des livres, des vidéos ? Ou bien avez-vous tout simplement tout laissé en plan, attendant une reprise des activités au plus tôt ?
Cette expérience a peut être mis en relief notre trop grande dépendance à un professeur, à un groupe, un manque d’autonomie pour gérer sa pratique. Peut-être avez-vous tenté de vous entraîner mais ne saviez pas par quoi commencer, que travailler ? Les choses semblent si simples quand on est dans un cours et que l’on est guidé, qu’on ne prête pas attention à la construction de la séance, sa logique, de la trajectoire qui nous mène d’un point à un autre. Nous avons assisté à des centaines de cours et pourtant, seuls à la maison, nous ne savons quoi faire.
Il ne s’agit pas ici de vous culpabiliser, encore moins de vous critiquer, une majorité de personnes étaient dans le même désarroi. Heureusement que l’on pouvait trouvé ici et là des professeurs qui faisaient des cours en ligne et des vidéos inspirantes.
Il est probable que lorsque les cours reprendront nous les aborderons différemment. Peut-être avec une analyse, une attention, permettant de retenir des informations qui nous rendent autonomes et nous permettent de nous entraîner seuls. On n’attendra alors pas un nouveau confinement pour se prendre en charge et étudier notre discipline à la maison, comme un étudiant qui fait ses devoirs ou des recherches. Pourquoi ne pas tenir un journal d’entraînement, avoir un cahier pour noter le contenu des cours ou d’autres informations qui pourraient être utiles plus tard ?
Que vous vous soyez entraînés ou non durant cette mise en parenthèse et en suspen du monde, n’est pas très important en soi, c’est ce que vous en tirez comme leçon, comme expérience qui importe afin que demain, au retour dans le dojo, votre motivation soit encore plus forte et que vous grandissez, devenez plus autonome, responsable et respectueux de votre pratique.
Areski
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Très belles paroles : ce qui compte n’est pas ce qu’on fait, mais ce qu’on apprend de nos actions !
Je pense que cette dépendance au maître est quelque chose qu’il faut essayer de supprimer. Bien sûr qu’il est très important d’avoir quelqu’un pour nous guider, mais il faut aussi pouvoir chercher par soi-même.
Dans une de ces interviews Léo Tamaki a dit quelque chose qui devait être (attention ce n’est pas du mot pour mot) : « Les enseignants se comportent comme des maris jaloux, ils ne veulent pas que leurs élèves aillent voir ailleurs, alors qu’ils gagneraient en efficacité pédagogique à se comporter comme des mères en cherchant à développer l’indépendance des élèves et en étant présents pour eux en cas de besoin ».
Je rejoins tout à fait ces idées, d’ailleurs on progresse beaucoup plus lorsqu’on cherche par soi-même et se trompe, puis qu’on est corrigé !
Au plaisir de vous lire 🙂
Excusez-moi pour le delai d’approbation de votre commentaire mais je l’ai retrouvé dans les indésirables.
Merci pour votre participation.