Réflexions sur la crise sanitaire

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Voici plus d’une année de passée en état de crise sanitaire. La gestion de celle-ci ouvre des débats et crée des polémiques mais ce n’est le sujet de cet article, cela n’apporterait rien de positif et chacun a son avis. En revanche, j’aimerais partager avec vous ce que je tire de bénéfique de cette situation et ce qu’elle m’a permis de faire et de découvrir.

Les confinements, surtout le premier, l’arrêt de la pratique en club et donc de l’enseignement ont bousculé mes habitudes. Mes repères ont été ébranlés, alors que je pensais que m’entraîner et enseigner allaient de soit, que rien ne pourrait changer cette routine, le tsunami du COVID s’est abattu sur le Monde, la France et chacun de nous. Mais ce tsunami ne m’a pas anéanti, bien au contraire, il m’a permis de faire de nouvelles choses, de repenser mon entraînement, de réévaluer mes croyances, de puiser dans ce nouvel espace temps qui m’était offert une nouvelle énergie, de nouvelles ressources.

J’ai tout d’abord réorganisé mon emploi du temps. Pour moi, il était vital d’établir un programme d’entraînement journalier pour ne pas perdre mes acquis et continuer à vivre ma passion des arts martiaux. Au début je m’entraînais essentiellement dans mon appartement puis après un peu de prospective j’ai découvert que tout près de chez moi il y a des lieux permettant de pratiquer. C’est ainsi que j’ai investit le parc qui se trouve en bas de mon immeuble et repéré un espace à l’écart des regards ou presque… Les personnes promenant leur chien devaient bien se demander pourquoi je gesticulais et quelle pouvait bien être cette danse étrange. S’entraîner en extérieur est plus confortable pour travailler les katas et les armes que l’espace restreint de mon salon.

J’ai pu introduire des séances de footing dans mon entraînement. Jusqu’à présent je m’étais donné mille et une excuse pour ne pas courir. Alors que j’ai couru de nombreuses années quand j’étais plus jeune, je m’étais lassé et finalement avais arrêté. Cela remonte a presque 30 ans. La reprise de cette activité fut une réelle souffrance au début, surtout au niveau des articulations. Puis progressivement mon corps s’est adapté à l’effort et je peux maintenant courir pendant une heure à un rythme acceptable et honorable. Je suis vraiment ravi d’avoir renoué avec cette activité, non seulement pour la condition physique mais surtout pour avoir retrouvé des sensations que j’avais oubliées.

Je me suis également mis à marcher quotidiennement pendant une heure, ne respectant pas vraiment la ridicule règle du périmètre d’un kilomètre… Cela était étrange d’être hors la loi par le fait de simplement marcher dans sa ville ! La marche est un excellent exercice physique, j’en profite pour travailler la respiration selon les principes du systema en rythmant les pas avec les inspirations et expirations. La marche m’a également permis de découvrir ma ville dans laquelle j’habite depuis plus de 20 mais dont je ne connaissais finalement pas grand chose.

Le confinement m’a donné du temps alors je me suis mis à apprendre une nouvelle langue étrangère. J’ai ainsi pu y consacrer une à deux heure par jour. Pour commencer, c’est un bon élan et ces premiers progrès encouragent à persévérer. J’ai aussi pu lire plus et également écrire plus, ce qui m’a permis de terminer mon dernier livre plus tôt que prévu.

La situation sanitaire m’a également donné l’occasion d’aiguiser mon esprit critique. J’ai pu m’informer sur les problèmes engendrés par le COVID et cela m’a amené a prendre du recul et à m’éveiller un peu plus sur la façon dont le monde tourne et le rôle que, nous citoyens, y jouons. Cette prise sur l’information m’a également aidé à dédramatiser la situation et ne pas prêter attention à ceux qui diffusent la peur.

J’ai également pris plus de temps pour me consacrer à moi alors qu’habituellement presque toute mon énergie est orientée vers les autres, que ce soit dans mon travail ou dans mon enseignement du karaté. Ce retour sur moi m’a permis plus d’introspection et de méditation. Je savais déjà que vivre l’instant présent était essentiel et cette situation sanitaire me l’a rappelé.

De cette crise j’ai appris que rien ne sera plus jamais comme avant, le monde d’hier n’existe plus et a disparu. Je cherche à profiter de chaque jour plus que jamais et de faire de chaque rencontre avec mes proches et mes amis le plus beaux instants de ma vie. Cette crise m’a aidé à m’ancrer un peu plus dans l’instant présent.

Les difficultés sont des marches qui nous permettent d’avancer sur notre chemin de vie. Plutôt que de les voir comme des obstacles qui nous empêchent de vivre, il est préférable de les envisager comme des aiguillons qui nous sortent de notre confort, qui nous bousculent et qui nous aident à entrevoir de nouveaux espaces pour penser, pour vivre, pour être plus heureux et plus libre. Même si le Monde et cette crise nous sidèrent et nous accablent, il nous appartient de ne nous envoler vers le soleil. Nous avons le choix de voir les aspects négatifs ou les aspects négatifs. Cela nous appartient. La liberté se gagne d’abord à l’intérieur et se prend, il ne faut pas attendre qu’on nous la donne. En prenant la responsabilité de notre vie, nous arrêtons de blâmer ce qui nous entoure, de trouver des coupables et nous vivons pleinement et en conscience.

Areski

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